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3 niveaux de collaboration à observer et à mettre en place dans son contexte de travail.

  • Photo du rédacteur: Annie Baillargeon Fortin
    Annie Baillargeon Fortin
  • il y a 15 heures
  • 5 min de lecture

Un article rédigé par Annie Baillargeon Fortin, médiatrice, formatrice et consultante en relations de travail.


Souvent, les thèmes des nos interventions en milieu de travail ou en résolution de conflits se ressemblent d'une organisation à une autre. En ce début d'année 2026, on dirait que le thème sera:

"créer ou recréer une relation de travail au-delà de la tâche".

Je pense qu'on est tous et toutes d'accord sur le fait que les relations avec les collègues feront la différence sur la situation de travail d'une personne. Nos relations avec les autres peuvent aider ou non notre motivation générale envers la tâche, elles peuvent aussi nous permettent d'atteindre plus facilement notre zone de performance.


Nos échanges auront souvent de l'incidence sur les problèmes à régler; sachant que le potentiel de créativité aura tendance à croître si on y implique d'autres personnes qui y réfléchissent et donnent leurs idées. Parfois, les relations influenceront notre longévité dans une organisation ou au coeur d'une profession.


Les relations au travail ont un immense impact sur notre bien-être, mais on peut aussi faire le choix (par soucis de temps ou d'efficacité) de les réduire ou de les orienter strictement sur "le nécessaire". Il est vrai qu'on ne travaille pas toujours dans des contextes faciles, que la valeur de "temps et d'efficacité" est très forte et même parfois surveillée par les organisations. Aussi, le rythme rapide de nouveaux mode de communication peut nous faire croire que prendre du temps pour les autres aura un effet de ralentissement ou même de surcharge de travail.


Souvent le premier niveau de lien interpersonnel au travail concerne la tâche.

Nous avons besoins de nos collègues (et la même chose de leur côté) pour avoir accès à l'information nécessaire qui nous permet de bien faire notre travail et aussi pour connaître nos outils (de + en + nombreux). C'est pour moi, le premier niveau de collaboration. Il est nécessaire et impératif d'échanger en ce sens et d'ainsi mettre les bases d'une relation de travail sereine et potentiellement performante.


Le deuxième niveau de collaboration est la résolution de problème. Quand une personne vit un problème qu'elle n'arrive pas à résoudre, est-ce que les collègues sont présents pour la soutenir et l'accompagner? C'est souvent dans la discussion (parfois dans une ventilation d'un moment difficile) qu'on arrive à bien définir le problème à résoudre. Une fois cette étape réussie, on s'assure de commencer à trouver des solutions qui auront le potentiel de fonctionner. Les collègues sont donc d'une bonne aide pour comprendre le contexte de travail en question et choisir les solutions les plus efficaces.


Troisième niveau de collaboration: partage de l'expertise et innovation. C'est un niveau auquel on voudrait tous et toutes accéder, qui nous propulse faire le meilleur de nos compétences et de nos connaissances. Ce n'est peut-être pas tous les jours qu'on a ces échanges avec les collègues bien qu'ils nous permettent d'une part de valider notre compétence ou d'actualiser notre potentiel. Ils auront aussi un impact très grand sur la confiance au travail qui est un besoin à prendre en considération chez les personnes qui débutent dans leur emploi, mais aussi pour les personnes avec plus d'expérience dont la répétition peut apporter une baisse de motivation et qui gagneraient à connaître d'autres manières de faire ou d'avoir des occasions de partager leur expertise.


Une fois que ces raisons font du sens, il reste à trouver la manière de stimuler les relations entre collègues.


Les organisations auront tout à gagner à mettre en place des occasions stimulantes qui engagent différents niveaux de collaboration ; répondant à l'ensemble des personnes, tenant compte des besoins différents.

Ce qu'on peut faire pour créer ou recréer des relations de travail


Niveau 1 de collaboration : Orientation sur la tâche

  • Enrichir son processus d'accueil et d'intégration pour faciliter la mise en relation des personnes;

  • Mettre en place des jumelages entre une personne qui intègre le milieu de travail et une personne d'expérience pour parfaire les connaissances sur les outils de travail et les différentes sources d'information importantes dans notre milieu;

  • Avoir des réunions participatives; avec des périodes de "questions-réponses" (Q&A);

  • Tenir régulièrement des rencontres de planification;

  • Ne pas oublier les bilans sur les projets pour recueillir la rétroaction.


Niveau 2 de collaboration: Résolution de problème

  • Offrir des formations de groupe pour avoir des réflexions communes et résoudre naturellement les problèmes ensemble ;

  • Former les gens à la créativité pour leur domaine d'expertise ou pour les enjeux humains (service à la clientèle, communication aidante, résolution de conflits);

  • Favoriser le développement des compétences relationnelles (écoute empathique, communication, feed-back) qui contribueront à la réussite des résolutions de problème et même à prévenir les différends;

  • Développer une configuration de lieu de travail qui favorise l'échange d'idées (corridor, salles dédiées, moments de détente en commun).


Niveau 3 de collaboration: Partage d'expertise et innovation

  • Créer des programmes qui mettent en valeur l'expertise et la mise à jour des connaissances : l'employé.e du mois jusqu'au programme de mentorat.

  • Offrir des séances de formation par les pairs sur les compétences essentielles.

  • Prendre les feedbacks recueillis sur les projets pour engager des programmes "qualité" ou "amélioration continue". Donner ces mandats aux personnes qui aiment avoir de l'impact sur les situations (les tests psychométriques vous le diront) et tenter d'avoir des groupes avec des profils variés pour plus d'originalité.


Et si vous n'êtes toujours pas convaincu.e du bien fondé de passer du temps et de l'énergie sur les relations entre collègues, voici cinq autres bonnes raisons pour s'engager dans le processus relationnel avec ses collègues:


Six bonnes raisons pour être en relation avec ses collègues au-delà de la tâche :


  • Prévenir les conflits: Une communication claire sur les tâches et une approche axée sur la collaboration agissent comme des « pare-feux » efficaces contre l'escalade des tensions. L'ambiguïté des consignes et les responsabilités mal définies sont des déclencheurs fréquents de discordes.


  • Apprendre tous les jours: le contact avec les autres, dans une posture de curiosité et d'ouverture, augmente la probabilité d'apprendre quelque chose de nouveau et d'utile chaque jour: nouvelle information RH, nouvelle fonctionnalité d'un outil de travail qui fera gagner du temps ou de la crédibilité, nouvelle de l'entreprise, meilleure connaissance des intérêts de ses collègues et donc de leurs compétences.


  • S'observer dans les interactions: c'est au contact des autres qu'on prend conscience de nos forces et de nos habitudes de travail (bonnes ou moins bonnes). Si on est souvent seul.e, on le réalise moins et ça peut nous heurter de s'y confronter à un moment moins bien choisi, alors que la continuité dans les relations permet de se situer plus aisément dans une vie de groupe et de se sentir en complémentarité.


  • Entretenir sa flexibilité relationnelle: entretenir des liens et avoir des conversations avec des personnes de différents horizons de manière fréquente favorise l 'ouverture d'esprit, la capacité d'adaptation et nous fait réaliser des actions mieux acceptées (car à l'écoute des besoins et des réalités des autres).


  • Influencer les décisions de l'équipe: en étant en contact avec les collègues, on peut partager plus souvent, et la plupart du temps sans éclat, nos opinions, nos points de vues, ce qui est important pour nous: ce qui permet aux autres de les écouter, d'éventuellement les comprendre.

    N.B: Les grandes émotions et les grands éclats ont pour leur part tendance à bloquer l'écoute et activer les mécanismes de défense: fuir, figer, attaquer.


  • Partager les réussites avec les autres : en étant dans des relations de partage, d'aide, d'écoute et de résolution: on participe plus souvent aux réussites des autres et on a plus facilement de la reconnaissance de leur part : encore une bonne façon de rester motivé.e au travail !


L'année débute et je vous souhaite des rencontres qui favorisent la collaboration de toutes parts; que celles-ci vous entraînent vers une motivation envers la tâche et l'émergence de votre plein potentiel !


Tâchez aussi de vous amuser: les relations et les collaborations se solidifient avec les bons moments festifs partagés ensemble.


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