Échanger P.K. Subban : pourquoi c’était une bonne décision pour les Canadiens

 

Le récent échange de P.K. Subban contre Shea Weber a étonné et déçu beaucoup de fans du Canadien de Montréal. P.K. Subban était un joueur très apprécié par les Montréalais. Une chose est certaine : il ne laissait personne indifférent.

 

On dit que ce qui se passe dans le vestiaire reste dans le vestiaire. Nous ne connaîtrons donc peut-être jamais les raisons exactes qui ont décidé la direction du Canadien à procéder à cet échange. Nous ne pouvons que spéculer et élaborer des théories pour essayer de comprendre. Mais on a notre petite idée sur le sujet! Pour nous, la décision d’échanger P.K. Subban commence à faire du sens quand on l’analyse du point de vue de la communication et du leadership au sein de l’équipe.

 

C’est ce dont nous voulons discuter avec vous. On va jaser pour jaser.

 

Personnalité et comportement

 

P.K. Subban a une personnalité et un style de jeu flamboyants. Il ne passe jamais inaperçu et tout le monde à son mot à dire sur lui, même nous...

 

Ce joueur était immensément populaire auprès des fans du Canadien, populaire au point de faire de l’ombre à ses coéquipiers en dehors de la glace et parfois à les négliger sur la glace. Une chose est sûre, il attirait beaucoup d’attention sur lui-même avec sa personnalité et son style hauts en couleurs. Or, à Montréal, un joueur ne peut pas être plus populaire que le CH lui-même. Voilà peut-être une raison de son échange.

 

Leadership champion vs collaboration

 

Une autre raison possible : son style de leadership. Examinons la performance du Canadien lors de la saison 2015-2016. En début de saison, tous les joueurs étaient très bons. Ils jouaient bien en équipe et chacun jouait bien son rôle et tenait solidement sa position. L’équipe montait bien ses jeux, suivait le plan de match et était parmi les meilleures de la ligue. 

 

Jusqu’à ce qu’une série de blessures l’affaiblisse. De contre-performance en contre-performance, la confiance qui régnait en début de saison a commencé à s’effriter. C’est alors que P.K. Subban s’est posé en leader champion pour compenser les insuffisances de son équipe et mobiliser les troupes. Un leader champion peut s’avérer très efficace dans ce contexte.

 

Mais P.K. Subban n’a pas bien lu son impact sur ses coéquipiers. Ce qu’il faut comprendre avec le leadership, c’est que ce n’est pas celui qui initie l’action qui décide s’il a du leadership; ce sont ceux qui décident de suivre qui reconnaissent le leadership. En essayant de monter le jeu tout seul à partir de la zone défensive jusqu’en zone offensive, P.K. Subban envoyait, consciemment ou inconsciemment, les messages suivants à ses coéquipiers : « je suis meilleur que vous » et « je ne vous fais pas confiance ». Ce qui a produit la réaction suivante chez les autres joueurs : « Puisque tu es si bon et que tu ne nous fais pas confiance : vas-y, compte des buts tout seul! »

 

Plus P.K. Subban prenait de place sur la glace, moins il en laissait pour les autres joueurs de son équipe. Et moins les autres joueurs prenaient leur place, plus P.K. Subban ressentait le besoin d’en prendre pour compenser. Ça a créé un cercle vicieux où il essayait de trop en faire pendant que les autres n’en faisaient pas assez. Le problème avec le leadership de P.K. Subban, c’est qu’il n’a pas su complémenter son leadership de style champion avec un leadership collaboratif, où l’initiative est partagée au sein du groupe plutôt que concentrée dans un seul individu.

 

Cette analyse nous amène à spéculer que la direction du Canadien, valorisant le groupe avant l’individu, a préféré échanger un joueur dont la volonté étouffait plutôt qu’elle ne stimulait le leadership des autres joueurs, autrement dit : de sacrifier une personnalité qui prenait trop de place pour que le leadership des autres trouve l’espace nécessaire pour se déployer éventuellement.

 

Si P.K. Subban avait voulu bien jouer son rôle de leader champion-collaboratif, il aurait dû s’améliorer dans sa position de défenseur (ce qui était son rôle dans l’équipe) tout en continuant d’appuyer l’attaque dans la zone offensive (ce qui était sa force). Améliorer son jeu dans sa zone afin que ses coéquipiers lui reconnaissent le mérite de son ardeur.

 

Nous ne sommes, comme vous, que des spectateurs. On jase pour jaser! Voilà quand même comment nous avons compris l’échange de P.K. Subban. Nous ne connaissons pas les vraies raisons des dirigeants du Canadien, mais cette interprétation nous paraît vraisemblable à la lumière de notre expertise en dynamique d’équipes de travail. Ceci dit, nous sommes ouverts à votre perspective.

 

Sur ce, nous souhaitons bon succès à P.K. Subban à Nashville, bon succès à Shea Weber à Montréal, bon succès à toute l’équipe, et bonne saison 2016-2017 aux fans du Canadien. Ça sent la coupe!

 

Please reload

 
Articles récents

 

Please reload

 
Mots-clés

 

 
Archives

 

Please reload