Management et leadership (1/3)

 

Quel est le rôle du gestionnaire versus celui du leader? 

 

Le rôle du gestionnaire est de gérer des ressources, qu’elles soient humaines, matérielles, financières, logistiques ou autres. En 2016, un gestionnaire doit avant tout savoir gérer de l’information. Il doit être capable de décoder et de proposer des indicateurs de changement parce que ce qui doit être géré, c’est le changement lui-même.  Le changement est inévitable. Il est la condition normale de l’existence, parce que la vie est changement

 

Le gestionnaire doit prévoir, prévenir, prioriser. Prévoir les objectifs, les destinations, les réalisations, les livrables. Prévenir les risques, les difficultés, les dangers. Prioriser les actions. La multitude de signaux qui émergent de l’environnement des opérations quotidiennes, mensuelles, trimestrielles ou annuelles ont un sens, qu’il faut décoder pour mieux intervenir. Le rôle du gestionnaire est donc d’incarner une stabilité à travers le changement. 

 

Le leader, lui, va se révéler principalement dans les zones de turbulence, quand c’est flou, quand il y a trop de signes ou pas assez, quand ça stagne ou quand c’est tumultueux. Quand les conditions sont difficiles, le leader trouve de nouvelles voies et mobilise l'équipe vers l'action en donnant un nouveau sens à la situation. 

 

Alors que le gestionnaire organise les ressources vers une régularité des actions et vers les résultats attendus, le leader agit quand ce qui est fait habituellement ne répond plus aux besoins actuels. Il opère dans l’espace qui se situe entre le « laisser aller » et le « laisser venir ». Laisser aller les cibles, procédures, habitudes et priorités du passé pour en laisser venir de nouvelles qui servent mieux la mission dans le contexte présent. Le leader permet de faire la transition entre le connu et l’inconnu.

 

Ceci dit, beaucoup d’entreprises vivent des situations problématiques par rapport à leur management parce qu’elles ont de la difficulté à trouver les bons indicateurs. Elles désirent conserver les recettes gagnantes du passé. Il faut que les principaux gestionnaires d’une entreprise soient en mesure de départager selon les contextes ce qui doit demeurer constant et ce qui doit changer. Pour que l’entreprise s’adapte et innove, le gestionnaire, dont le savoir-faire est la planification, doit transiter vers un savoir-être qui peut se résumer en quatre points qui définissent l’action d’un leader : 

  1. exprimer ses préoccupations;

  2. garder un esprit critique face aux solutions d’experts;

  3. chercher à multiplier les points de vue pour avoir une vue d’ensemble;

  4. rester disponible et accessible.

 

Une transition résulte toujours de deux phénomènes combinés : un processus d’accumulation de fragilités et un processus d’ignorance managériale de ces fragilités. Les transitions ne doivent pas être conçues seulement comme des événements d’exception dont le caractère improbable les rendrait difficilement compréhensibles, mais plutôt comme des processus longs prenant racine dans le fonctionnement quotidien des organisations. D’où la responsabilité des gestionnaires de naviguer entre management et leadership. 

 

Mais comment est-ce qu’on transite entre le rôle de gestionnaire et celui de leader? C’est ce que nous aborderons dans le prochain article avec la courbe du changement d’Otto Scharmer et les divers styles de leadership. 

 

 

Prochain article de la série : Leadership et changement : principes fondateurs de la « courbe en U »

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