Les désaccords au travail : risques et opportunités (1/3)

L’importance de la groan zone 

 

Dans la vie d’une organisation, il y aura toujours des périodes plus difficiles. C’est normal — surtout dans l’industrie des services, de la créativité et de l’innovation — et il faut l’accepter avec équanimité.

 

C’est lors de ces périodes qu’émergent le plus souvent des groan zones, pour reprendre l’expression anglaise (littéralement : « zones de grognement »).

 

La groan zone, c’est l’espace où s’affrontent des visions divergentes de ce qui devrait être fait en termes de valeurs, de priorités, d’actions, de moyens, etc. Dans la groan zone, les protagonistes se trouvent initialement en désaccord, et ce désaccord peut faire vivre des émotions. Mais il faut accueillir et valoriser ce désaccord parce que l’affrontement constructif de visions divergentes peut produire une nouvelle vision, plus large, et partagée par tous.

 

C’est important pour un chef d’entreprise ou un gestionnaire d’apprivoiser la groan zone et d’y entrer avec l’employé qui le confronte parce que ça permet à ce dernier de faire valoir l’expertise pour laquelle on le paie. Si, en tant que chef d’entreprise ou gestionnaire, je refuse d’écouter les conseils d’un membre de mon équipe dans un domaine où il est plus expert que moi, ou si cet employé n’ose pas m’amener dans la groan zone, ça ne sert pas la mission pour laquelle on le paie. Cet employé a été embauché pour faire profiter l’organisation de son expertise; mais si son expertise n’est pas valorisée, c’est comme si on le payait pour rien. C’est du talent et de l’argent gaspillés!

 

Une de mes missions lorsque je coache des professionnels, c’est de les amener à aller dans la groan zone avec leur patron. Il a besoin de leur expertise! Il a besoin de se faire défier par les gens qu’il embauche. Il les a embauchés justement parce qu’ils sont plus compétents que lui dans leur domaine d’expertise.

 

La groan zone peut être émotive. Il faut donc y entrer en faisant attention de ménager la sensibilité des autres. Ceci dit, « ménager la sensibilité des autres » ne veut pas dire « ne pas leur faire vivre d’émotions ». Les gens aiment en vivre. Il faut simplement éviter de créer de l’anxiété ou de l’hostilité. Il ne faut pas que les gens doutent au sortir de la groan zone. Il faut que tous les protagonistes en sortent gagnants. Par contre, si on entre dans la groan zone pour imposer un point de vue, ou si la confrontation n’a pas lieu, ce n’est plus une situation gagnant-gagnant. La personne qui voit sa vision « vaincre » celle des autres peut se sentir gagnante, mais est-ce que ça sert vraiment la mission et la vie de l’organisation à moyen et long terme?

 

La groan zone, c’est ce défi-là. Chacun pense initialement avoir raison. Mais la vérité se trouve dans la confrontation constructive des visions, où nous allons trouver un compromis noble, porteur d’innovation.

 

 

Prochain article de la série : Groan zone, dialogue et gestion de conflit

 

 

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